Les sondages éclairent les rapports de force, mais peuvent aussi influencer électorat et responsables politiques.

Trente sondages préélectoraux ont déjà été publiés concernant l’élection présidentielle d’avril-mai 2027 et leur rythme va évidemment s’accélérer dans les prochains mois.
 
La longue histoire des sondages d’opinion.
Au début du XXe siècle, on découvre progressivement comment on peut connaître les caractéristiques d’une population en sélectionnant seulement un tout petit groupe parmi celle-ci : dans les années 1920, des études marketing sont réalisées aux États-Unis sur la consommation des ménages, le lectorat de la presse et de la radio. Ces nouveaux outils de connaissance sont ensuite appliqués au domaine politique.Lors de l’élection présidentielle américaine de 1936, Archibald Crossley, George Gallup et Elmo Roper, hommes de médias et de marketing, utilisent tous trois ces nouvelles méthodes d’échantillon représentatif en interrogeant quelques milliers de personnes pour prévoir le résultat du vote : via ces tout premiers sondages d’opinion politique, ils pronostiquent une large réélection de Roosevelt.En parallèle, la revue Literary Digest mise sur le nombre : elle organise une vaste consultation auprès de ses lecteurs pour connaître leur intention de vote et reçoit plusieurs millions de réponses. Cet agglomérat très nombreux mais non représentatif du corps électoral pronostique, à tort, la défaite de Roosevelt qui gagne très largement la présidentielle.L’épisode légitime alors la nouvelle manière de mesurer l’opinion, le sondage, même si les marges d’erreur sont à l’époque assez importantes.Cette méthodologie est introduite en France deux ans plus tard, en 1938, par le sociologue Jean Stoetzel qui fonde l’Institut français d’opinion publique (Ifop), le premier institut de sondage français. Mais les sondages restent peu nombreux en France jusqu’au début de la Ve République.C’est l’élection présidentielle de 1965 qui leur donne une sorte de légitimité, en prédisant avec justesse le ballotage du général de Gaulle au premier tour, alors que tout le monde pensait qu’il serait élu dès le premier.Les sondages deviennent ensuite très nombreux en période électorale présidentielle : 24 en 1974 du 9 avril au 5 mai, 111 en 1981 de janvier à mai, 153 en 1988, 157 en 1995, 193 en 2002, 293 en 2007, 409 en 2012, 560 en 2017, 467 en 2022 (cette baisse en 2022 s’explique notamment par l’absence d’élections primaires ouvertes pour les principaux courants politiques).
 
Louanges et critiques.
Les fondateurs des instituts de sondage voient en celui-ci un outil démocratique : avec un petit échantillon représentatif, le sondage donnerait une image exacte de ce que pense l’ensemble de la population. Pour eux, la répétition des sondages politiques sur tous les grands sujets constituerait autant de référendums citoyens. Cela devrait améliorer le fonctionnement de la démocratie, les hommes politiques pouvant s’inspirer des résultats pour mieux répondre aux demandes de la population.Mais avec leur multiplication, dès le début des années 1970, les sondages sont critiqués par des hommes politiques (ils se sentent délégitimés par ces nouveaux représentants des opinions), mais aussi par des universitaires. Pour ces derniers, les sondages ne seraient qu’une illusion, une représentation faussée.Le texte du sociologue Pierre Bourdieu, « L’opinion publique n’existe pas » (1973 et 1980), a été beaucoup repris par les détracteurs des sondages. D’après lui, le sondage créerait ce qu’il prétend mesurer et il imposerait des problématiques à travers le questionnaire, manipulant ainsi les enquêtés et leur faisant répondre ce que les sondeurs veulent. Il « atomiserait » également l’opinion en interrogeant des individus en dehors de leurs liens sociaux. Il ferait, enfin, comme si tous les enquêtés avaient la même influence, alors que l’opinion d’un militant a plus de poids social que celle des nombreux citoyens peu politisés : il sous-estimerait donc la dynamique des débats publics. Aujourd’hui, le débat est toujours présent. Les sondages électoraux permettent aux citoyens de connaître, au moins approximativement, le rapport de force entre les candidats, les caractéristiques des électorats et leurs opinions sur de nombreux sujets. Mais, ce faisant, les sondages ont un effet sur le vote des électeurs. Ils accentuent notamment le vote utile, ou « vote stratège » : l’électeur ne vote pas toujours pour son candidat préféré (appartenant à une tendance minoritaire), mais pour le plus proche de ses idées ayant des chances de l’emporter. La formulation des questions peut également introduire des biais dans les réponses, notamment selon la connotation des mots. Toutefois, des études ont montré que les personnes interrogées ne se laissaient pas facilement abuser par des questions manquant de neutralité, notamment lorsqu’elles avaient des opinions politiques structurées. Établir quels sont les effets des sondages est très difficile, voire même quasiment impossible. Durant une campagne électorale, les influences auxquelles les électrices et les électeurs sont exposés sont trop nombreuses pour qu’il soit possible d’isoler ce qui relève spécifiquement des sondages. Ces effets varient, en outre, selon l’élection, la campagne ou les candidats en présence. Seul élément relativement stable : l’influence des sondages semble être plus importante sur les stratégies des responsables politiques que sur l’électorat.
 
Des sondages électoraux réglementés.
En France, les effets potentiels sur le jeu électoral ont conduit les pouvoirs publics à réglementer la production et la diffusion des sondages. De 1977 à 2002, leur publication est interdite la dernière semaine avant une élection pour que le citoyen puisse décider son vote sans influence néfaste des sondages. Depuis 2002, la publication des sondages électoraux est seulement interdite après la fin de la campagne électorale officielle, le vendredi à minuit, pour ne pas brider la liberté d’expression pendant les débats de campagne.Une commission de contrôle de ces outils est aussi créée en 1977. Les instituts de sondages doivent adresser une notice à la commission pour chaque sondage électoral afin d’expliciter leur méthodologie. Cette commission existe toujours et publie sur son site les notices et ses recommandations.Son travail a été surtout très important dans les premières années de son existence pour stigmatiser certaines pratiques douteuses. Elle a aussi contribué à réguler la pratique des redressements – le fait de corriger les données brutes d’un sondage, à l’aide de méthodes de pondération, pour rendre l’échantillon plus représentatif de la population étudiée.La commission s’est aussi beaucoup intéressée à la légitimité de questions sur le second tour, alors qu’on ne connaît pas les résultats du premier. Elle a longtemps estimé qu’il ne faudrait pas les autoriser, mais n’a pas le pouvoir de les interdire. En 2017, elle demande que, si les instituts ne testent et ne publient qu’une hypothèse de second tour, ce soit toujours celle des deux candidats arrivés en tête de la prévision sondagière. Mais elle estime légitime d’en présenter plusieurs lorsque les résultats mesurés entre candidats étaient proches. En vue de l’élection de 2022, elle accepte que soient publiées des hypothèses de second tour pour des candidats n’ayant obtenu qu’environ 10 % des estimations sondagières de premier tour. Indépendamment des sondages électoraux, beaucoup portent sur de nombreux sujets de société comme la peine de mort, l’euthanasie, la liberté sexuelle ou la GPA, etc. Ils donnent une image de l’opinion publique à un moment donné sur ces thèmes, avec une majorité et une ou plusieurs minorités. On peut mesurer les évolutions au fil du temps mais on ne peut jamais être sûr de leur correspondance exacte avec la réalité, à la différence des sondages préélectoraux qui vont être confirmés ou infirmés par le résultat de l’élection.
 
Quelle confiance peut-on faire aux sondages sur les intentions de vote à l’élection présidentielle ?
Il faut d’abord dire que les sondages ne sont pas une prévision du résultat du scrutin. Ils sont seulement une image du résultat du scrutin s’il avait lieu aujourd’hui, puisque les rapports de force peuvent bouger très sensiblement au cours de la campagne électorale. Appréhender la justesse du pronostic n’a donc de sens que pour le dernier sondage publié par chaque institut, deux ou trois jours avant l’élection. Les sondages publiés pour le second tour présidentiel donnent une prévision juste sur qui sera élu, car on peut redresser les résultats bruts en fonction du vote du premier tour. Pour les premiers tours, la réponse est moins évidente. En 2022, les écarts entre le dernier sondage publié et le résultat du premier tour (10 avril) ne sont jamais très importants. La différence est souvent proche de la marge d’erreur, sauf pour Mélenchon, sous-estimé de 3 à 4 points, ce qui peut s’expliquer par sa forte dynamique en dernière période. Mais après certaines élections présidentielles, notamment 1995 et 2002, les sondages ont été considérés par certains comme erronés parce qu’ils ne donnaient pas le bon ordre d’arrivée entre les candidats. En 1995, Jacques Chirac, donné en tête, n’arrive qu’en second, alors que Lionel Jospin, donné second, arrive premier. Le biais est d’environ 3 points. Il est plutôt moins important en 2002, mais les sondages ne prévoyaient pas l’élimination de Lionel Jospin et la sélection de Jean-Marie Le Pen.
Outils fragiles, les sondages doivent être utilisés avec prudence. Il faut savoir les étudier attentivement afin d’en tirer des connaissances sur les électorats et les enjeux d’une élection, pour qu’ils puissent constituer des outils utiles au débat démocratique.
 
Ecrit par : J. Bayard

 

 

Le rôle des médias dans la campagne présidentielle 2027

La campagne présidentielle de 2027 en France met une fois de plus en lumière le rôle crucial des médias. Ces derniers sont à la fois vecteurs d'information et influenceurs de l'opinion publique. Leur impact sur le processus électoral est indéniable et mérite une analyse approfondie.

L'influence des médias sur l'opinion publique

Les médias jouent un rôle central dans la formation de l'opinion publique. En 2027, avec l'essor des réseaux sociaux et des plateformes numériques, leur influence s'est encore renforcée. Les médias traditionnels, tels que la télévision, la radio et la presse écrite, continuent d'avoir un poids significatif. Cependant, les médias numériques gagnent du terrain, offrant une diversité de points de vue et une rapidité de diffusion de l'information inégalée.

Les médias traditionnels

Les médias traditionnels, bien qu'ils soient confrontés à la concurrence des plateformes numériques, conservent une place de choix dans le paysage médiatique. La télévision, en particulier, reste un moyen privilégié pour les débats politiques, offrant une scène où les candidats peuvent exposer leurs programmes à une large audience. Les journaux, quant à eux, offrent des analyses approfondies et des éditoriaux qui aident à façonner les opinions des lecteurs.

Les médias numériques

Les médias numériques, notamment les réseaux sociaux, ont révolutionné la manière dont l'information est consommée et partagée. En 2027, ces plateformes permettent une interaction directe entre les candidats et les électeurs, ce qui peut renforcer l'engagement politique. Cependant, cette immédiateté pose également des défis en termes de vérification de l'information et de propagation de fausses nouvelles.

Les sondages, souvent relayés par les médias, sont un autre outil d'influence. Ils orientent les perceptions des électeurs et peuvent parfois créer un effet de prophétie auto-réalisatrice. Pour consulter les derniers sondages, visitez notre page dédiée ici.

La responsabilité des médias

La responsabilité des médias dans la couverture de la campagne présidentielle est immense. Ils doivent garantir une information vérifiée, équilibrée et impartiale. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) veille à ce que les règles d'équité soient respectées, notamment en termes de temps de parole accordé aux candidats.

La vérification des faits

Les médias ont également la responsabilité de ne pas propager de fausses informations, un défi majeur à l'ère des fake news. La vérification des faits est devenue une pratique essentielle pour maintenir la crédibilité des médias et protéger le débat démocratique. Des initiatives comme les "fact-checkers" se sont multipliées pour contrer la désinformation.

L'équité dans la couverture

Assurer une couverture médiatique équitable est crucial pour que chaque candidat ait une chance égale de présenter ses idées. Les médias doivent naviguer entre la nécessité de captiver leur audience et celle de respecter des standards journalistiques rigoureux.

L'évolution des médias en 2027

L'évolution technologique a transformé le paysage médiatique. Les plateformes de streaming et les réseaux sociaux sont devenus des acteurs incontournables de la campagne. Ils permettent aux candidats de communiquer directement avec les électeurs, contournant parfois les médias traditionnels.

Les nouvelles plateformes

Les nouvelles plateformes, telles que YouTube et Instagram, offrent aux candidats des moyens innovants de se connecter avec les électeurs, notamment les jeunes. Ces plateformes permettent des formats plus créatifs et interactifs, tels que les vidéos en direct et les stories, qui peuvent humaniser les candidats et rendre leurs messages plus accessibles.

La régulation des médias numériques

Cette évolution pose la question de la régulation. Comment garantir une couverture équitable et éviter la désinformation sur ces nouvelles plateformes ? Le cadre législatif doit s'adapter pour répondre à ces nouveaux enjeux. Pour plus d'informations sur la législation en vigueur, consultez Légifrance.

L'impact des médias sur les candidats

Les médias influencent non seulement l'opinion publique, mais aussi les stratégies des candidats. La couverture médiatique peut propulser un candidat sur le devant de la scène ou, au contraire, nuire à son image. Les débats télévisés, par exemple, sont des moments clés où les candidats peuvent gagner ou perdre des points dans les sondages.

La gestion de l'image publique

Les candidats doivent également gérer leur présence sur les réseaux sociaux, où chaque déclaration peut être amplifiée ou détournée. La communication numérique est devenue un élément central des campagnes électorales. Les équipes de campagne investissent massivement dans la création de contenu et la gestion des crises en ligne. Pour comparer les stratégies des candidats, rendez-vous sur notre page comparer.

Les enjeux de la diversité médiatique

La diversité des médias est essentielle pour garantir un débat démocratique riche et équilibré. Elle permet aux électeurs d'accéder à une pluralité d'opinions et d'informations. Cependant, la concentration des médias entre les mains de quelques grands groupes pose la question de l'indépendance éditoriale.

Les médias indépendants

Les médias indépendants jouent un rôle crucial en offrant des perspectives alternatives. Leur survie dépend souvent de financements publics ou d'abonnements, soulignant l'importance de soutenir une presse libre et diversifiée. Ces médias peuvent aborder des sujets moins couverts par les grands groupes, enrichissant ainsi le débat public.

Conclusion

Le rôle des médias dans la campagne présidentielle 2027 est complexe et multifacette. Ils sont à la fois des acteurs de l'information et des influenceurs du débat public. Leur responsabilité est grande, et leur évolution continue de poser de nouveaux défis. Pour suivre l'actualité des candidats et des thèmes de la campagne, consultez notre page candidats.

Les médias sont un pilier de la démocratie. Leur capacité à informer, à éduquer et à influencer est immense. En 2027, plus que jamais, leur rôle est scruté et analysé pour garantir une élection transparente et équitable.

 

  • 📅Calendrier électoral 2026–2027 - Dates prévisionnelles
    • Sept. 2026
      • Renouvellement Sénat
      • 174 sièges renouvelés , élection au suffrage indirect
    • Mars 2027
      • Campagne officielle
      • Début de la campagne présidentielle officielle
    • Avr. 2027
      • 1ᵉʳ tour Présidentielle
      • ~23 avril 2027 , date prévisionnelle
    • Mai 2027
      • 2ᵉ tour Présidentielle
      • ~7 mai 2027 , 2 candidats restants
    • Juin 2027
      • Législatives
      • Renouvellement de l'Assemblée nationale , 577 sièges

Ecrit par : J. Bayard

DEVENIR JOURNALISTE 2026

Le journalisme recoupe différents métiers qui ont en commun le même but : informer.

Le rédacteur en presse écrite récolte l'information par différents moyens (enquêtes, reportages, interviews ou dépêches d'agences de presse) puis rédige les articles.

Le journaliste reporter d'images (JRI) effectue des reportages et interviews sur le terrain. Accompagné d'un caméraman et d'un preneur de son, il se rend sur le terrain pour receuillir des témoignages et couvrir l'actualité. Il participe au montage de son sujet, puis rédige son commentaire avant de poser sa voix sur la vidéo montée ou fait appelle à une voix off. Le secteur est aujourd'hui en pleine évolution grâce à l'émergence des chaînes et des nouveaux supports (Internet).

Le journaliste radio réalise des interviews sur le terrain ou par téléphone puis il monte son sujet pour qu'il soit diffusable à l'antenne. Dans une rédaction radio, un journaliste est responsable du flash info, il fait régulièrement le point sur l'actualité grâce aux dépêches d'agences de presse ou aux sujets réalisés par les autres journalistes.

Le journaliste d'agence, comme l'AFP (agence française de presse), rédige des dépêches qui seront ensuite reprises par de nombreux médias.

Enfin, le journaliste Web reprend les dépêches des agences de presse pour alimenter des sites de journaux ou de médias audiovisuels. Quelquefois, il part sur le terrain réaliser des reportages, mais cela reste rare. Travailler pour un site d'informations n'est pas très attractif pour les journalistes mais c'est souvent un tremplin professionnel. 

Après plusieurs années d'expérience, le journaliste peut se spécialiser dans un domaine (économie, politique, presse jeunesse...) qu'il apprécie particulièrement ou dans lequel il a fait des études supérieures.

Qualités requises : bonne culture générale, bonne expression écrite et orale, bonne capacité d'analyse, curieux, débrouillard, autonome, polyvalent.

La réalité du métier : journaliste d'investigation, d'opinion, grand reporter à l'étranger, présentateur du journal télévisé... les métiers du journalisme font rêver. Mais attention, la réalité est bien différente de ce que tu imagines. Les journalistes passent souvent leurs journées assis devant leur ordinateur. Les rédacteurs réalisent souvent les interviews par téléphone, faute de temps. Il existe très peu de journalistes qui partent en reportage à l'étranger. Ce sont des journalistes qui ont beaucoup d'expériences et qui travaillent dans de grands groupes de presse.

Le journaliste rend compte des faits, il ne les commente pas. Seuls les éditorialistes et certains journalistes culturels donnent leur avis aux lecteurs. Enfin, un journaliste n'est pas un animateur télé. Ce sont deux métiers totalement différents. Même si de plus en plus de journalistes s'orientent vers le métier d'animateur.

Enfin, le journalisme est un travail précaire : très souvent, les jeunes journalistes doivent travailler à la pige pendant plusieurs années avant de décrocher un contrat à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI). Lorsque qu'un journaliste « pige », cela signifie qu'il est payé à l'article. Les pigistes travaillent donc pour plusieurs titres à la fois et rédigent leurs articles souvent de chez eux.

Qu'il soit pigiste ou salarié permanent, le journaliste peut travailler le samedi, le dimanche, les jours fériés, parfois même la nuit !

Formation Journaliste

Pour devenir journaliste, il n'y a pas un diplôme précis ni de formations journalisme qui donne accès à ce métier. Cependant, la convention collective nationale de travail des journalistes préconise d'être titulaire soit d'un diplôme adapté, soit d'un diplôme préparé dans les écoles dédiées ou d'un diplôme de l'une des universités reconnues par la profession (CFJ-Paris, Cuej-Strasbourg 3, Celsa-Paris 4, EJCAM-Marseille, EJT-Toulouse, ESJ-Lille, EJDG-Grenoble 3, IEP Paris, IFP-Paris, IPJ-Paris, IJBA-Bordeaux, IUT Lannion, IUT Tours, IUT Nice).

A noter que la majorité des IEP (instituts d'études politiques) propose des spécialisations dès le second cycle qui débouchent sur des formations dans le secteur du journalisme.

Les formations dédiées au métier de journaliste :

  • Niveau bac + 2 : DUT information-communication option journalisme
  • Niveau bac + 3 : Licence Pro métiers de l'information, du journalisme et de la presse
  • Niveau bac + 5 : Masters Science politique ; Journalisme 

Salaire Journaliste

Les journalistes débutants gagne entre le SMIC et 2100 euros par mois. 

Autres ressources

  • Syndicat National des Journalistes
  • Faire un Bilan d'orientation pour trouver ta voie ou affiner tes choix

Ecrit par : J. Bayard

 

 

 

Le rôle du journaliste

Un journaliste est un professionnel chargé de la collecte, de la vérification, de l'analyse, et de la rédaction d’informations, qu’il diffuse ensuite au public, à travers différents supports médiatiques, tels que la presse écrite, la radio, la télévision ou les plateformes numériques.

Le journaliste enquête sur des faits d’actualité ou des sujets d’intérêt, recoupe les sources pour en assurer la fiabilité, et met les événements en contexte afin de fournir une information précise et compréhensible. Il doit faire preuve de rigueur, d’esprit critique, d’objectivité et de respect de la déontologie professionnelle.

Au-delà de la simple transmission de l’information, le journaliste joue un rôle essentiel dans la société en contribuant à la transparence, à la formation de l’opinion publique et au contrôle des pouvoirs politiques et économiques.

Le métier de journaliste est également reconnu comme l’un des plus exigeants et des plus risqués. Dans l’exercice de leur profession, les journalistes peuvent être confrontés à diverses formes de pression, telles que la censure, les menaces ou l’intimidation, ainsi que, dans certains contextes, à des poursuites judiciaires, des arrestations, des emprisonnements et des violences physiques. La recherche d’une information exacte et indépendante est susceptible de les placer en conflit avec des intérêts politiques, économiques ou sociaux, ce qui rend l’exercice de ce métier particulièrement complexe et parfois dangereux.

Rôle

Un journaliste, s'il a toujours une même mission, à savoir d'informer le public (que ce soit un public ciblé ou le public le plus large), peut travailler sur des sujets généraux ou se spécialiser dans certaines questions. La plupart des journalistes ont tendance à se spécialiser et, en collaborant avec d'autres journalistes, rédigent un article ou mettent en forme un reportage qui couvre l'actualité. Par exemple, un journaliste sportif couvre les nouvelles dans le monde du sport, mais ce journaliste peut aussi faire partie d'un journal qui couvre d'autres sujets.

Le travail du ou de la journaliste consiste principalement à recueillir des informations puis écrire des articles ou publier des reportages (écrits, audio, photo ou vidéo), en consultant les dépêches des agences de presse et la documentation de son entreprise, en interrogeant des spécialistes ou des témoins, à qui il garantit la protection des sources d'information des journalistes.

Un même métier recouvre des productions différentes : article écrit pour le journaliste de presse écrite, reportage sonore ou présentation de journal parlé pour le journaliste de radio, reportage en images ou présentation de journal télévisé pour le journaliste de télévision, photographie pour le photojournaliste, et enfin diverses formes plus récentes (infographie fixe ou animée, article avec animations cliquables, etc.) pour différents types de médias visuels, particulièrement sur internet.

Le journalisme de terrain et d'actualité

Reporter / Grand reporter : Le reporter est un journaliste envoyé sur le terrain pour collecter des informations, interviewer des témoins et raconter un événement. Le grand reporter est un titre distinctif (souvent lié à l'ancienneté ou à la notoriété) qui désigne un journaliste bénéficiant d'une grande autonomie pour couvrir des sujets d'ampleur, souvent à l'international, sur des formats longs.

Journaliste d'investigation (ou d'enquête) : Spécialisé dans les affaires complexes (politiques, financières, environnementales), il mène des recherches approfondies qui durent plusieurs semaines ou mois. Son but est de révéler des informations cachées ou d'intérêt public. Contrairement au reporter qui suit le fil de l'actualité visible, le journaliste d'investigation provoque l'actualité en dévoilant ce qui est secret, en s'appuyant massivement sur le recoupement de documents et de sources confidentielles.

Correspondant / Correspondant de guerre : Le correspondant est un journaliste basé de façon permanente dans une autre région ou un autre pays pour couvrir l'actualité locale pour le compte de son média d'origine. S'il opte pour une zone de conflit armé, il devient correspondant de guerre.

Le reporter est "envoyé spécial" (il part et revient), tandis que le correspondant vit sur place, ce qui lui donne une connaissance pointue du tissu local ou des dynamiques géopolitiques du pays d'accueil.

Ecrit par : J. Bayard

 

 

 

 

 

  

 

Protection des sources d'information des journalistes en droit français

 

En droit français, la protection des sources d'information des journalistes, est affirmée depuis la loi du 10 janvier 2010[1]. Au-delà, elle représente la base de la déontologie du journalisme et de la liberté de la presse, avec la vérification des faits. Elle permet aux journalistes de vérifier leurs informations auprès de personnes qui acceptent de leur parler bénévolement à condition que leur identité ne soit pas divulguée.

La déontologie donne aux journalistes professionnels le devoir de prendre toutes les précautions pour que leurs sources ne puissent être identifiées contre leur gré, afin de protéger la liberté de parole de ces sources d'information. Ils doivent respecter strictement l'anonymat demandé, quitte à subir des tracasseries de la part de ceux qui souhaiteraient y mettre fin.

Garanti en outre par l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, ce droit et ce devoir ont fait l'objet d'une jurisprudence des plus protectrices de la Cour européenne des droits de l'homme, qui le définissent comme une « condition essentielle au libre exercice du journalisme et au respect du droit du public d’être informé des questions d’intérêt général »[2].

La déontologie professionnelle commande au journaliste de « revendiquer le libre accès à toutes les sources d’information », en protégeant les sources bénévoles, sans se limiter aux lobbys dotés de budgets de communication.

Le téléphone mobile, l'enregistreur numérique et le mail donnent accès à plus de sources fiables qu'autrefois, et plus rapidement, à condition de privilégier la qualité de la relation avec ces sources, pour mieux les sélectionner, les identifier et les recouper. Les sources d'information donnent parfois de simples indices, charge aux journalistes d'en trouver d'autres puis de vérifier et recouper.

La déontologie professionnelle : un droit et un devoir à la fois

Le secret des sources était jusqu'en 2011 le principal point de différence entre les deux codes de déontologie professionnelle, très proches l'un de l'autre, la Charte de Munich et la Charte 1918/1938/2011. Ces deux textes assurent l'essentiel de la protection d'un informateur. Tous deux commandent aux médias de prendre toutes les précautions nécessaires pour que son identité, après avoir été authentifiée par le journaliste, ne puisse pas être divulguée ou retrouvée.

Histoire

Le combat pour la protection des sources a près d'un siècle et demi d'histoire. À Bruxelles en 1870, Gustave Lemaire (journaliste), du quotidien L'Étoile belge, avait refusé de donner ses sources d'information sur « le vol commis au préjudice du changeur Philips et sur le meurtre présumé de Blondine Peeters ». Il a demandé la cassation de deux ordonnances rendues le 18 février 1870 par deux juges qui l'avaient condamné chacune à 100 francs d'amende. Son pourvoi en cassation n'a pas abouti mais témoigne de la professionnalisation des journalistes belges dans les années 1870, constatée par les historiens[3].

Les amendements de 1971 et 2011

Renforcer la protection des sources est le principal souci, en 1971, quand la Fédération européenne des journalistes présente un nouveau code de déontologie : la Charte de Munich. Le nouveau texte reprend dans son article 7 les quatre mots de la phrase de 1918 et 1938 (« garder le secret professionnel ») mais y ajoute : « et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement »[5]. Méticuleusement rédigée par Paul Parisot, secrétaire du Syndicat des journalistes français et journaliste au France-Soir de Pierre Lazareff, cette charte est peaufinée en concertation avec tous les syndicats de journalistes, dans tous les pays de l'Union européenne (de l'époque).

Le premier des cinq droits des journalistes alors édictés est de « revendiquer le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d'enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique ». La protection des sources devient la base et le point le plus important de cette nouvelle charte.

Démarche similaire en 2011, en France : le congrès du Syndicat national des journalistes (SNJ) adopte une version rénovée de la Charte des devoirs professionnels des journalistes français. Elle reprend aussi les quatre mots de 1918 et 1938« garder le secret professionnel », en ajoutant « et protège les sources de ses informations », sans même placer de restrictions liées aux seules informations obtenues confidentiellement. Il s'agit désormais de protéger les sources d'information quoi qu'il arrive, pour leur offrir la sécurité maximum. Cette protection n'est plus un simple devoir. Elle devient un droit, vital. Du coup, ce qui s'appelait en 1918 et 1938 la « Charte des devoirs professionnels des journalistes français », est rebaptisé par le SNJ, « Charte d’éthique professionnelle des journalistes »[6], pour leur donner le droit d'accéder « à toutes les sources d’information concernant les faits qui conditionnent la vie publique ».

Sources et preuves des affirmations d'un journal

Loin d'être incompatible avec la nécessité de s'appuyer sur des éléments solides pour publier une information (le terme de « preuves » est réservé au domaine judiciaire), la protection des sources d'information des journalistes permet au contraire d'acquérir ces éléments et de les recouper, mais sans divulguer à n'importe qui la façon dont ils sont parvenus jusqu'aux journalistes.

La loi de 1881, qui encadre la liberté de la presse, permet à quiconque estime excessives et erronées les affirmations d'un journal contre lui de se défendre par une procédure en diffamation. Le juge vérifiera alors si ce journal a effectué une enquête sérieuse et mesurée, mais sans non plus divulguer les sources d'information.

Ecrit par : J. Bayard