Le nouvel espace réservé aux journalistes accrédités de manière permanente à la présidence !

L’Elysée boute les journalistes hors du palais

 

Emmanuel Macron a décidé de délocaliser la salle de presse invoquant sa modernisation et son agrandissement pour accueillir plus d’accrédités.

Tout un symbole. Emmanuel Macron, qui verrouille d’une main de fer – sans gant de velours – sa communication, a décidé de délocaliser avant l’été la salle de presse de l’Elysée qui donne sur la cour d’honneur du palais. Le nouvel espace réservé aux journalistes accrédités de manière permanente à la présidence, notamment les agences de presse (AFP, Reuters, etc.), sera désormais situé au 4, rue de l’Elysée, qui longe l’hôtel d’Evreux.

Evoquée depuis l’arrivée de la nouvelle équipe présidentielle, cette idée a suscité dès le début une levée de boucliers des journalistes, pour qui voir les allées et venues dans la courdu palais donne des indications précieuses sur l’activité du président. Huit mois plus tard, les conseillers de M. Macron évoquent un projet immobilier global prôné par la Cour des comptes. « Il va y avoir une série de travaux », a expliqué, il y a deux jours, le chef de l’Etat, promettant des « concertations ».

« Des privilèges tombent »

Invités à une réunion à l’Elysée, mercredi 14 février, pour évoquer les aménagements de leur futur espace de travail, les journalistes ont pu constaterque les grandes lignes du projet avaient déjà été décidées. Les conseillers en communication du palais ont reconnu que ce projet de déménagement relevait d’une « décision unilatérale, sans concertation ». « Il y a des privilèges qui tombent », ont-il ajouté. « La présence de ce lieu au sein du bâtiment principal ne relève pas d’un “privilège”, mais résulte de la volonté de transparence des présidents de la République, constamment réaffirmée depuis 1974 », a aussitôt répondu, dans un communiqué, l’association de la presse présidentielle, en demandant de « reconsidérer » cette décision.

Niant toute volonté d’écarter les journalistes, l’Elysée invoque la modernisation et l’agrandissement de la salle de presse qui permettra d’accueillir plus d’accrédités. En guerre avec les médias, le président américain, Donald Trump, avait créé l’émoi juste avant son investiture en menaçant de déménager la briefing room dans une pièce plus grande en dehors de la Maison Blanche, avant d’y renoncer. A l’époque, les mêmes arguments étaient avancés par son administration qui expliquait qu’un plus grand nombre de médias, y compris des blogueurs, pourraient venir y travailler. Dans la nouvelle salle de presse de l’Elysée, les jeunes chaînes d’information continue auront désormais leurs places attitrées.

L’actuelle salle de presse a été installée à l’intérieur des murs du palais par Giscard. En 1984, Mitterrand l’avait transférée dans la cour d’honneur, dans un souci de transparence. « Ce déménagement est-il vraiment une priorité alors que cette salle avait été entièrement refaite pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy ou alors une volonté d’éloigner la presse du pouvoir ? », s’interroge l’ex-communicant de l’Elysée (2007-2012) Franck Louvrier, avant de conclure : « La distance n’empêche pas la critique… »

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard 

 

Les journalistes doivent faire face aux risques psychosociaux et physiques d’une profession soumise au stress

 

 

 

 

Les risques professionnels des journalistes

 

Les journalistes doivent faire face aux risques psychosociaux et physiques d’une profession soumise au stress à la fois de la rapidité et de la qualité de l’information à délivrer, aux dangers des déplacements fréquents, notamment en zones de conflits armés, ou proches de catastrophes ou d’accidents, d’attentats ou relatifs à des faits divers dramatiques.
Les journalistes exercent un métier soumis à des contraintes physiques, organisationnelles et relationnelles susceptibles de générer des risques lorsque ces situations dangereuses ne font pas l’objet d’une prise de conscience et de mesures de prévention adéquates, ce qui est fréquent : l’excès de charge mentale qui génère ces conditions de travail stressantes, sont en particulier responsables de risques psychosomatiques (maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles gastro-intestinaux, états d’anxiété et dépressifs, addictions). Par ailleurs, pour les postes sédentaires, soumis à différentes sources de bruit (usage intensif du téléphone…), aux contraintes visuelles et ergonomiques du travail sur écran, à des astreintes de productivité, de contrôle, dans des locaux confinés, le journaliste est exposé principalement à des risques de troubles visuels, auditifs et musculo-squelettiques. 

Les principaux risques du métier de journaliste

Les journalistes sont des acteurs essentiels des processus d’information des citoyens, que cette information soit politique, sociale, économique, événementielle, technique, sportive, artistique … : investigation, recueil, compilation, analyse et synthèse, puis mise en forme et mise à disposition des différents médias qui les communiquent sous diverses formes (écrite, audiovisuelle, internet), par l’intermédiaire des entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse.
L’activité peut être sédentaire et s’exercer dans des bureaux de presse, studios radio ou télévision, ou sur le terrain dans les lieux ou se produisent les événements à relater.
De nombreuses contraintes psychologiques, organisationnelles et physiques concernent la profession de journaliste, d’intensité variable selon la nature du poste, avec dans certains cas nécessité d’un fort investissement et engagement personnel (journaliste d’investigation, reporter en zones de conflits …).
L’évolution du journalisme et des médias, marquée par les transformations induites par les nouvelles technologies informatiques et de communication et les changements du contexte commercial et concurrentiel, a tendance à renforcer ces contraintes.

Les risques psychologiques
Gérer à la fois fiabilité, pertinence et rapidité de l’information est un défi permanent avec des exigences accrues à la fois de productivité et de qualité parfois incompatibles.
Par ailleurs, le journaliste peut être exposé à des pressions, manipulations, intimidations tendant à travestir ou biaiser ou cacher l’information : ces errements éthiques imposés sont sources de détresse morale et de perte d’identité professionnelle. Il peut s’y ajouter des violences verbales, éventuellement psychiques (harcèlements …), une forte pression médiatique et des atteintes à la vie privée.
Le contact direct et fréquent avec des événements dramatiques (catastrophes naturelles, industrielles ou humanitaires, accidents, attentats …) soumet le journaliste à des manifestations d'usure professionnelle : on parle de stress vicariant pour désigner ces troubles compassionnels. Le traumatisme dit « vicariant » résulte d'une surcharge émotionnelle résultant d’une profession au contact permanent avec des personnes en détresse (cadavres, blessés, sinistrés, victimes etc.) ou le journaliste est confronté à des situations faisant éprouver des émotions intenses. Ces confrontations constantes avec la souffrance d'autrui, à l’exposition répétée à la vision et/ou aux récits d’accidents ou d’actes de violence … peuvent être à l'origine d'une souffrance psychologique plus ou moins importante et plus ou moins tardive appelée traumatisme vicariant (ou secondaire par effet de contagion du traumatisme). Les effets de la traumatisation vicariante se cumulent avec le temps et peuvent conduire à l'état de stress compassionnel. 
De plus, la violence personnellement adressée au journaliste, agressions verbales ou physiques causées par des personnes présentes sur les lieux (hooligans, manifestants, « casseurs », témoins interviewés …), constitue aussi un risque et induit un stress important lors d’agressions régulières et répétées.
Les conséquences de l’exposition à ces agressions psychiques et physiques sont évidemment exacerbées pour les reporters de guerre et il faut en particulier considérer les effets induits qui peuvent survenir après le conflit et pas seulement ceux pendant la présence sur le terrain (Post Traumatic Stress Disorder PTSD).

Les risques organisationnels


Dans un contexte journalistique de plus en plus contraint (information continue, difficultés économiques de la presse), avec des critères d’instantanéité de l’information de plus en plus exigeants, les systèmes organisationnels demandent aux journalistes une grande réactivité, productivité et compétitivité, avec comme conséquence éventuelle une surcharge mentale due aux méthodes de management et à la gestion des ressources humaines mises en œuvre : 
- une pression continue à la fois sur les délais et sur la qualité de service,
- une flexibilité imposée avec des horaires de travail importants, débordant à domicile le soir et sur les week-ends, ou nécessitant un travail de nuit, ou très variables selon l’actualité,
- une multiplicité des tâches concomitantes,
- un nomadisme accru avec des déplacements longs et fréquents et un éloignement du domicile,
- la disponibilité constante par le truchement du téléphone ou de l’ordinateur portable,
- l’accomplissement de tâches contraires à la conscience professionnelle et/ou à l’éthique personnelle,
- des délais continuellement serrés (imprévus, urgence permanente).
Pour les journalistes en déplacement, les départs d’urgence, l’exécution de multiples tâches, la fatigue des heures supplémentaires dues au voyage, l’absence d’un temps de récupération suffisant pour gérer les suites professionnelles d’un long voyage et pour s’adapter au jet lag éventuel, sont générateurs de stress et en particulier d’accidents de la route. 
Pour les journalistes sédentaires, les risques organisationnels peuvent avoir aussi d’autres origines, que l’on rencontre souvent dans les situations de travail de bureau, ou la promiscuité prolongée dans un espace clos, les travers de relations hiérarchiques abusives, les favorisent : stress managérial (organisation, contrôle et rythme de travail), stress lié à tension émotionnelle de la relation hiérarchique, stress du harcèlement moral ou sexuel. Certaines méthodes de management dans le milieu des médias de communication provoquent des risques psychosociaux en augmentation, qui nuisent à la fois à la santé des journalistes et à l’efficacité de l’entreprise de presse qui peut aisément devenir pathogène avec des abus d’autorité totalement irrespectueux de la personne.
De même, le stress de la précarité de l’emploi s’accroit avec le recours de plus en plus important aux pigistes dans une profession qui externalise désormais une grande partie de sa flexibilité.

Les conséquences du stress des journalistes


L’impact sur la santé au travail se manifeste lorsqu’il y a une surcharge mentale, mais sa mesure est bien difficile à établir et, de plus, il est difficile pour un journaliste d’en prendre pleinement conscience.
Par ailleurs, les surcharges mentales sont ressenties de manière très diverses selon les individus. Les seuils dans le niveau de contrainte psychique, au delà desquels l’astreinte qui en résulte est excessive, n’existent pas de façon absolue et mesurable et ne se manifestent que par leurs effets a posteriori : baisse de la performance, apparition de symptômes de fatigue, hausse des incidents (oublis...) ou d’accidents (notamment routiers), agressivité voire harcèlements envers son entourage professionnel ou familial, consommation de psychotropes. Il y a une grande variabilité individuelle, selon les capacités d’acquisition et d’organisation, la structure psychique, et l’apprentissage ou l’entraînement comme pour la surcharge physique. 
De nombreux éléments mettent en évidence les effets pathogènes d’une surcharge mentale chez les journalistes : le stress et l’épuisement professionnel (burn-out) sont les conséquences néfastes des surcharges mentales. En cas de surcharge mentale prolongée, l’individu conserve son équilibre psychique dans un environnement stressant avec une stratégie individuelle de défense de répression psychique, conduites addictives et somatisations. 
Le stress permanent a des effets destructeurs et pathogènes sur les individus qui y sont soumis : la confirmation chez les journalistes de la réalité croissante des atteintes à la santé psychique et de ses effets somatiques par le stress (maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles gastro-intestinaux, états d’anxiété et dépressifs…) et du rôle des facteurs organisationnels dans les entreprises de presse constitue une alerte majeure de santé au travail.

Les risques physiques des journalistes


- Les risques liés aux déplacements professionnels
L’alimentation pendant les fréquents déplacements, irrégulière, déséquilibrée, trop abondante et/ou alcoolisée est un facteur d’obésité et de risque cardiovasculaire pour les journalistes.
L'alcoolisme au travail n'épargne aucune classe socioprofessionnelle, et les journalistes ont tendance à la prise d'alcool dans un contexte professionnel : boire en réunion avec les invités, les notables … est en France une habitude sociale. Une consommation excessive et régulière, peut mener à une dépendance provoquant des atteintes plus ou moins réversibles de l’état de santé. D’autres addictions, les drogues (notamment, le cannabis, la cocaïne) et les médicaments psychotropes sont venues s’ajouter aux substances entrainant des troubles du comportement et l’augmentation et la banalisation de la consommation de ces produits en font une question qui doit aussi être prise en compte. Par ailleurs, les reportages à l’extérieur sont susceptibles de se dérouler dans des conditions météorologiques éprouvantes (froid ou chaleur extrêmes, intempéries violentes) et dans un environnement hostile suite à des incendies, inondations, tremblements de terre, éruptions volcaniques, bombardements, balles perdues, agressions crapuleuses ou terroristes … (chutes de plain-pied sur un sol inégal, boueux …, chutes d’objets depuis des bâtiments dégradés, morsures ou griffures d’animaux, blessures ...).

- Le risque routier
De nombreux journalistes prennent la route avec des véhicules de tourisme pour se rendre sur les lieux de leur reportage, que cela soit de façon occasionnelle ou régulière avec des exigences d’efficacité et de ponctualité qui peuvent interférer avec les contraintes de la circulation routière (embouteillages, Code de la Route..) et générer des situations stressantes et des accidents de la route. 
Le risque routier a souvent des origines multifactorielles, liées à l’environnement (état des itinéraires, travaux, météo,..), au véhicule (adaptation, équipement, entretien, ...), à l’organisation (horaire, préparation, utilisation du téléphone au volant, ...) et bien sur au conducteur (respect des règles, fatigue, vigilance ...). Le comportement au volant est lié à des adaptations, des arbitrages que doit réaliser le conducteur entre les éléments émanant de la situation de travail et la situation de conduite. Le conducteur doit prendre en compte les contraintes de travail : tous les aléas et dysfonctionnements de la situation de conduite rencontrés, l'oblige à réguler, adapter son comportement en mettant en balance les injonctions des deux situations. 

- Les risques des voyages internationaux aériens
Les voyages internationaux aériens présentent différents risques pour la santé selon l’état sanitaire et le pays. Pour tous les longs voyages professionnels, la fatigue est liée aux levers précoces et aux arrivées et retours tardifs qui aboutissent à des amplitudes horaires de travail très importantes, empiétant souvent sur les nuits et les week-ends de repos. De plus, cette fatigue est accentuée par le décalage horaire (jet lag) qui désynchronise les heures de repas et de sommeil, engendrant des troubles de l’humeur, de la vigilance, de la digestion.
Pour les voyages dans les pays tropicaux ou équatoriaux, il faut compter de plus avec les changements d’hygrométrie, de température et avec la pollution atmosphérique dans les grandes métropoles des pays en voie de développement, prédisposant aux infections ORL, aux allergies respiratoires.
Le journaliste à l’international est aussi exposé à diverses maladies infectieuses, dont les plus fréquentes dans les conditions d’un voyage de reportage sont le paludisme transmis par les piqures de moustiques, la diarrhée par ingestion d’aliments ou de boissons contaminés et les maladies sexuellement transmissibles (hépatites B, C, syphilis, SIDA…) qui ont une forte prévalence dans beaucoup de pays africains, du Sud-est asiatique et d’Amérique Latine. Enfin, il ya des risques spécifiques au mode de transport aérien (otites, éventuellement phlébite, décompensation d'une pathologie préexistante).
- Les risques chimiques et radiologiques
Les lieux de reportage sont possiblement contaminés par des agents chimiques ou radiologiques, lors des reportages concernant les catastrophes industrielles (type Seveso, Fukushima...), ou les zones de guerre chimique ou nucléaire.

- Les risques liés au travail sédentaire
Dans un poste sédentaire, soumis aux du travail sur écran, le journaliste est exposé principalement à des risques de troubles visuels, auditifs, musculo-squelettiques et biologiques.

- Le risque visuel
Le travail fréquent sur écran sollicite fortement la vision : le mécanisme d'accommodation permanent, assuré par le cristallin et les muscles des yeux, qui permet le réglage de la mise au point de l’image sur la rétine, la convergence qui permet la fusion des deux images rétiniennes grâce à la contraction de muscles situés autour de l'œil, provoquent une fatigue oculaire après des efforts visuels prolongés. De plus, de nombreux et très fréquents défauts de l'œil (myopie, hypermétropie, astigmatisme, troubles de la convergence, presbytie) rendent l'effort oculaire plus important pour un résultat médiocre lorsqu’ils sont mal ou pas corrigés. Par ailleurs, les mauvaises conditions d’éclairage (reflets sur les écrans, éblouissement direct…), un poste peu ergonomique, aggravent la fatigue visuelle. Cette fatigue des muscles oculaires se traduit par une vue de plus en plus trouble au fur et à mesure de l'effort, des picotements et rougeurs oculaires, des larmoiements, des clignements intempestifs des paupières, des maux de tête…

- Le risque auditif
Le journaliste peut très souvent travailler au téléphone avec ou sans casque, avec ou sans fil dans un bureau isolé ou dans un espace collectif, avec ou sans séparation : les casques, pour permettre de communiquer correctement avec l'interlocuteur, sont réglés souvent à des niveaux trop élevés, car le travail en bureau expose aussi à d’autres sources de bruit qui créent une forte ambiance sonore : les conversations téléphoniques des autres collègues, le bruit des ordinateurs, des imprimantes, des sonneries, et de la climatisation. Si les postes de travail ne sont pas séparés par des cloisons acoustiques, le manque d’isolation phonique génère un bruit ambiant trop souvent à des niveaux incompatibles à la fois avec un travail intellectuel et un bon confort d'écoute au téléphone avec les risques suivants : fatigue auditive, perception d’acouphènes, risque de lésions auditives et de déficit auditif temporaire ou définitif d'installation insidieuse, lié à une exposition chronique au bruit. 

- Les risques de troubles musculo-squelettiques
La position statique assise prolongée, l’utilisation fréquente du clavier, de la souris et de l’écran de l’ordinateur, le travail au téléphone, génèrent des contraintes posturales au niveau du dos, du cou et du poignet. 
Il en résulte souvent des cervicalgies et des lombalgies, des affections du poignet (syndrome du canal carpien), par compression par appui sur le talon de la main. Cette compression est responsable de fourmillements dans le territoire du nerf médian sous le ligament carpien palmaire situé à la face antérieure du poignet.
La position assise immobile de longues heures favorise aussi l'apparition de pathologies comme les troubles circulatoires, le diabète, ou l'obésité, aggravée par le grignotage et/ou une restauration rapide, sans vraie pause-déjeuner.

- Les risques biologiques
La longue cohabitation de plusieurs personnes dans des bureaux, une aération et climatisation des locaux défectueuses entraine une pollution de l’air : les maladies respiratoires dues aux virus et bactéries aéroportés (grippe,…) se propagent aisément au bureau, notamment lors des éternuements et de la toux. Mais des contacts cutanés fréquents avec des claviers, mobiliers, poignées de porte, combinés de téléphone, génèrent aussi des maladies digestives dues aux virus et bactéries manuportés (gastro-entérite…).
D’autre part, la consommation de tabac dans les lieux de travail fermés comme les bureaux présente un risque respiratoire non seulement pour le fumeur mais aussi pour la santé des autres employés par tabagisme passif. Même dans les bureaux individuels, des problèmes entre fumeurs et non-fumeurs se posent puisque le personnel d’une entreprise est rarement isolé dans un bureau, les allers et venues exposent finalement les non-fumeurs à la fumée de tabac.    

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard

 

 

 

Nouveaux médias ?

 

 

 

Alors que la rentrée 2018 a vu naître de nombreux médias, sous des formes variées (webTV avec Le Média et La France Libre, hebdomadaires papiers, pure player...), nous avons fait le point avec  Gabriel Vialy  journaliste sur le renouvellement des pratiques d'accès à l'information.

Il faut d'abord partir d'une tendance de fond qui est celle de la fragmentation des publics, soit un déclin sensible des mass media. Ceci libère des espaces qui peuvent être investis par des projets journalistiques qui vont permettre de redévelopper des formes de récit ou des manières de traiter l'information qui avaient sensiblement décliné: le reportage au long cours, l'enquête, les portraits, les interviews approfondies, etc. C'est également une opportunité de s'adresser à des publics beaucoup plus circonscrits selon leurs goûts, leurs valeurs, leurs convictions. Paradoxalement, alors que la seconde moitié du XXe siècle avait vu décliner la presse d'opinion, la période contemporaine se prête au contraire à un journalisme d'engagement, notamment politique, philosophique, celui-ci fut-il dans le cadre de médias de niche. 

Il y a un besoin d‘approfondir, accéder à un décryptage, prendre le temps et le plaisir de s'immerger dans des récits longs, lents, esthétiquement travaillés.

Pour comprendre la multiplication de ces projets éditoriaux de journalistes, il faut repartir d'un constat sur les usages. D'un côté les techniques contemporaines - à commencer par le numérique - ont permis une formidable accélération du traitement de l'actualité, avec une omniprésence de cette forme d'information sur une multiplicité de supports. C'est le flux, dont nous pouvons de moins en moins nous passer, où que nous soyons, quel que soit le moment de la journée. Le revers de la médaille, c'est la redondance et une certaine superficialité: pas le temps d'approfondir des formats courts, pas toujours suffisamment vérifiés ou hiérarchisés. Face à ce que d'aucuns nomment «infobésité» se renforce un besoin de «pas de côté»: approfondir, accéder à un décryptage, prendre le temps et le plaisir de s'immerger dans des récits longs, lents, esthétiquement travaillés. C'est sur cette veine que se sont engagés hier des pionniers comme XXI, 6 mois, Médiapart, etc. Il y a eu des déconvenues, mais aussi d'incontestables succès. Il est donc normal que des vocations se lèvent avec ce que l'on pourrait appeler un véritable bouillonnement.

On est surpris de voir, parmi eux, plusieurs nouveaux médias qui investissent encore dans le «Print». Pensez-vous que la presse écrite ait encore sa place dans l'avenir ?

Dans les nouveaux concepts éditoriaux, les supports ne sont que l'une des composantes des projets. Le choix du support est affaire de publics, de «contrat de lecture», de service ou de plaisir esthétique offert au public visé. Je ne suis pas très inquiet de l'avenir de l'imprimé pour cette forme de presse, au public très ciblé. Plus compliquée est la question de l'imprimé pour les gros volumes, traitant d'une actualité immédiate. En fait, pour ces nouveaux magazines l'avenir de l'imprimé est moins affaire de goût du public que de pérennité du système de distribution comme le montrent les crises à répétition de Presstalis, pour la France. 

Les Français s'intéressent-ils toujours autant à l'actualité aujourd'hui qu'hier? Comment évolue le rapport aux médias des jeunes générations (les enfants du troisième millénaire) par rapport à leurs aînés ? 

Il est difficile de donner une réponse simple à cette question et les sondages sur le sujet, tel que le «baromètre sur la confiance des Français dans leurs médias» publié depuis 30 ans par La Croix, donnent des résultats très variables d'une année sur l'autre. C'est normal, car les pratiques d'information se diversifient et se complexifient. Le risque serait de s'en tenir à la seule fréquentation ou motivation pour l'information dans ses formes canoniques, tels que le JT de 20 heures ou la lecture du quotidien le matin.

Les plus jeunes publics révèlent en l'occurrence l'une des transformations du rapport à l'information les plus lourdes de conséquences pour les médias, mais aussi sans doute pour ce qu'a été jusqu'ici la place l'information dans nos sociétés. Il se produit chez eux en effet un basculement: avant, s'informer c'était se tourner vers les journaux, radios, chaînes de télévision de son choix, tandis qu'à présent la recherche de l'information est souvent «horizontale», au sens où l'individu prend appui sur les vecteurs de communication qui lui sont le plus familiers, réseau social, plateforme d'échange vidéo, moteur de recherche, etc. Dans cette recherche, les recommandations de ses «amis», des personnes qu'il suit, vont éventuellement lui suggérer des liens avec des contenus de médias, mais aussi de bien d'autres sources qu'il s'agisse d'entreprises, institutions, groupes de pression, voire officines poursuivant des objectifs divers d'influence, passant parfois par de la désinformation. D'où la place que prennent soudain les complots et «fake news».

Justement, à propos de cela, Françoise Nyssen a présenté la semaine dernière les contours de la future loi sur les fausses informations. Est-ce à l'État de lutter contre les «fake news» ? 

Je ne crois pas à l'efficacité d'une nouvelle loi dans le domaine des «fake news».

Personnellement je ne crois pas à l'efficacité d'une nouvelle loi dans ce domaine. D'autant que des textes existent sur les «fausses nouvelles», dans la loi fondatrice de la liberté de la presse en France, la loi de 1881. Là où l'État a en revanche un rôle à jouer, c'est en amont, notamment en matière d'éducation aux médias. À l'école d'abord, mais aussi auprès des adultes, via l'accompagnement de démarches associatives par exemple sur le sujet. Il serait peut-être temps pour que dans ce domaine le ministère de l'Éducation Nationale passe véritablement de la parole aux actes, donnant à l'éducation aux médias une place dans les enseignements, et s'assurant que ceux qui les dispensent sont formés.

Mais la responsabilité de l'État peut être aussi dans la simplification de l'accès aux données publiques, là où la tradition est de multiplier les «secrets». Que penser notamment de ce jugement récent qui condamne un média pour avoir révélé des informations qui iraient à l'encontre du secret dont aurait besoin la vie des entreprises?

Que vous inspire cette phrase du Président Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse: «il n'a jamais été aussi facile de se prétendre journaliste» ? 

Cette phrase m'a surpris. Prise au premier degré, elle est complètement fausse tant le métier de journaliste s'est professionnalisé. Les premières écoles de journalisme émergent à la fin du XIXe siècle et elles s'imposent vraiment à partir des années soixante-dix ou quatre-vingt. Et encore, des études sur cette époque montrent que la formation au journalisme ne concerne qu'une minorité de la profession (15 à 20 %). Aussi est-il possible d'affirmer que jamais les médias n'ont employé autant de journalistes formés à ce métier qu'aujourd'hui.

Au second degré - «en même temps» pourrait-on dire - le président pointe probablement cette transformation du paysage de l'information évoquée plus haut, notamment ces «plateformes». Celles-ci mettent sur le même niveau les journalistes professionnels et une multitude d'autres sources, pas forcément compétentes et pouvant poursuivre d'autres buts que de rendre compte fidèlement de la réalité des faits. La question se complique du fait que la confiance dans ces différentes sources ne va pas automatiquement aux plus professionnels, aux médias d'information. Les recherches sur le sujet sont encore jeunes. D'aucuns avancent cependant l'idée selon laquelle, sur les réseaux sociaux, la confiance va plutôt à nos amis qui sont dans la même «bulle» que nous, pour reprendre l'expression utilisée à propos de Facebook. 

Assiste-t-on à l'effacement des frontières entre les réseaux sociaux et la presse? Et si porosité il y a, cela vous inquiète-t-il ? 

Il n'y a pas à proprement parler un effacement des frontières entre les réseaux sociaux et la presse, mais une imbrication toujours plus grande. La balle est d'abord dans le camp des entreprises de médias. L'enjeu est ici celui de la crédibilité. Les études que j'ai menées dans ce domaine montrent que le public est toujours plus exigeant en matière de fiabilité de l'information, car elle est devenue une ressource dans la vie des individus. Les attentes concernent également le respect d'un certain nombre de valeurs et de principes éthiques, tel que le respect des personnes, leur vie privée, leur intimité. À commencer par les plus fragiles. Il faut aussi prendre toute la mesure du rejet des conflits d'intérêt. Le sujet est particulièrement épineux à propos de la publicité, face à l'effondrement des ressources issues de celle-ci. Alors que les médias d'information s'interrogent sur des formes qui combinent information et promotion d'un annonceur ou d'un produit.

Enfin, les médias sous influence étrangère sont-ils vraiment ces pourvoyeurs de fausses nouvelles et ces appareils déstabilisateurs que semble tant redouter Emmanuel Macron? Quelle est leur influence réelle ? 

Il n'y a pas à proprement parler un effacement des frontières entre les réseaux sociaux et la presse, mais une imbrication toujours plus grande.

Le phénomène de médias développés par des États ou pour le compte d'États n'est pas en soi nouveau. Que l'on se souvienne des moyens mis à l'Est comme à l'Ouest dans ce domaine durant toute la guerre froide. D'une certaine manière, ces médias venant de l'étranger, avec intention d'interférer sur la vie politique ou intellectuelle d'un pays sont une forme de renaissance du phénomène, sous des formes nouvelles. Hier on parlait de propagande, d'intoxication ou de désinformation, aujourd'hui plutôt de complots et de «fake news». Force est de constater que leur rôle a été démultiplié grâce à l'appui, fut-il passif, des différentes plateformes numériques notamment lors des campagnes du Brexit ou des présidentielles américaine et française. Comme toujours lorsqu'il est question d'évaluer l'impact de tels phénomènes, il faut être prudent. C'est tout l'apport des recherches, notamment nord-américaines sur la réception de ces informations. Nous savons qu'il y a là un énorme écart entre ce qui est diffusé et publié, et ce qui est reçu et cru. Nous savons que dans ce domaine chaque individu fait intervenir sa liberté, ses valeurs, son expérience personnelle. Autrement dit, il conviendrait de travailler et lancer des recherches sur ce sujet. C'est ce qui se passe aujourd'hui aux États-Unis, à propos de la dernière présidentielle. Je crains qu'en France la tendance soit de légiférer d'abord.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard 

 

Médias, justice et état de droit : les contrepoids du pouvoir - Journée mondiale de la liberté de la presse 2018

 

 

La célébration principale de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2018 aura lieu à Accra, au Ghana du 2 au 3 mai. La Journée mondiale de la liberté de la presse 2018 offrira à différents acteurs l’occasion de se pencher sur les interactions entre les médias, le pouvoir judiciaire et l’état de droit, dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Les sujets abordés seront pertinents pour la concrétisation des Objectifs de développement durable DD, en particulier pour l'ODD 16, qui met l'accent sur la promotion de sociétés justes, pacifiques et inclusives. L'évènement encouragera la discussion, sensibilisera aux défis actuels liés à la liberté d'expression et promouvra leur compréhension. De plus, l'évènement abordera les progrès réalisés en la matière.

La Journée mondiale de la liberté de la presse 2018 inclura une grande diversité de sessions (plénières, débats, présentations éclairs, etc.) qui aborderont les sous-thèmes suivant:

1. Liberté de la presse, accès à l’information et élections
2. Le système judiciaire à l’appui d’un journalisme libre et sûr
3. La liberté d’expression en ligne : améliorer l’autoréglementation
Une centaine d'évènements nationaux se tiendront au niveau mondial en complément de la célébration principale.

Le Président du Ghana M. Akufo-Addo, ainsi que d'importants représentants de gouvernements sont attendus lors de la célébration. Les participants incluront des représentants de la société civile, des médias, des associations professionnelles, du monde universitaire, et du secteur judiciaire.

Le 3 mai, l'UNESCO décernera le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano, récompensant une personne ayant fait une importante contribution pour la défense de la liberté d'expression.

Deux autres éléments de la célébration principale renforceront son impact. Premièrement, la Conférence académique sur la sécurité des journalistes encouragera une plus grande collaboration entre la recherche et les praticiens du développement des médias. Deuxièment, la Salle de presse Jeunesse sensibilisera les jeunes reporters et les étudiants des médias aux nouveaux défis en matière de liberté d'expression. Cette sensibilisation sera faite via une couverture en direct de cet évènement d'ampleur internationale et réalisée avec l'aide et les conseils de professionnels des médias.

L'évènement inclura aussi au moins une exposition photo et la projection d'un film ainsi que de nombreuses représentations culturelles.

 

 

Quand, heure locale: 

Mercredi, 2 Mai 2018 - 9:00am - Jeudi, 3 Mai 2018 - 6:00pm

Où: 

Ghana, Accra

Type d’événement: 

Catégorie 3-Conférence non-gouvernementale

Contact: 

Saorla McCabe (Email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

 

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Exercice du droit de réponse à un article de presse

Contrepartie essentielle au principe phare de la liberté d'expression, le droit de réponse à un article de presse est précisément encadré par la loi de 1881.

En effet, l'article 13 de la loi sur la liberté de la presse donne le droit à toutes personnes physiques ou morales visées par un article de presse de rédiger une réponse afin que cette dernière soit diffusée par l'organe ayant émis l'article litigieux.

Le droit de réponse doit provenir des personnes directement mises en cause dans un article de presse. S'il s'agit d'une personne morale, cette dernière doit donc agir par la voix de ses représentants.

Il est à noter que le terme « article de presse » est appréhendé de façon restrictive par la jurisprudence, qui exige que le droit de réponse fasse suite à un article rédigé. La simple illustration annotée n'est donc pas suffisante.

Aussi, cet article de presse doit émaner d'un périodique, sans considération de sa fréquence d'émission. Le droit de réponse ne peut donc faire suite à une publicité ou à un simple tract.

Ce droit de réponse constitue un principe général et absolu et ne peut être refusé par l'organe de presse visé.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard