TOUS NOS VŒUX POUR 2014 - DU CONSEIL DE L’ORDRE DES JOURNALISTES France

UNE SOMBRE PERIODE POUR LA PRESSE ECRITE

 

C’est une bien malheureuse période que traverse la presse dans le monde occidental.

Les raisons de celles-ci sont bien connues et ne cessent de gagner en puissance, notamment avec la concurrence d’Internet et la multiplication des journaux gratuits, qui ont bouleversé substantiellement les comportements du lectorat. Corrélativement, l’usage de smartphones et tablettes tactiles ne cesse de croître, au point qu’il s’agit d’une véritable révolution numérique, affectant le modèle économique de la presse traditionnelle. En effet, les recettes publicitaires des journaux ont considérablement diminuées au profit d’internet et cela ne risque pas de s’améliorer. Qu’en est-il alors du journal imprimé ? La crise signe-t-elle sa disparition ?  Certains optimistes, continuent de lui prédire un avenir où seuls quelques journaux perdureront et devront cibler des lecteurs haut de gamme. Les éditeurs de presse en ligne français quant à eux, font face en réclamant une « taxe Google » qui consisterait à percevoir des indemnités de la part des moteurs de recherche, au nom de l’utilisation de leurs contenus.

Une exigence à étudier mais certainement insuffisante pour lutter contre la fermeture des titres. De même, la conversion des journaux papiers en medias exclusivement internet semble assez hasardeuse, dans la mesure où la version imprimée est la plus rentable pour les éditeurs.

Si trouver un juste milieu s’avère une tâche hardie, c’est pourtant le défi que devra relever la presse, et ce au nom de sa survie. Actuellement, les seuls groupes de presse résistant le plus habilement à la crise sont ceux qui ont élaboré de nouvelles sources de revenu, émanant d’activités accessibles exclusivement sur Internet. En atteste le quotidien norvégien Schibsted, qui, à l’issue d’un partenariat avec un site de petites annonces, tire ses principaux revenus de cette activité. Une alternative judicieuse puisqu’elle permet à ce journal de subsister en ces temps rudes. Cela d’autant que les coûts d’imprimerie et de processus de publication demeurent élevés et constituent une charge incommensurable pour les groupes de presse. Notons que depuis 2010, plus de 2000 kiosques ont fermé en France. Un triste bilan auquel s’ajoute la remise en question de la profession de journaliste, qui est sacrifiée en premier sur l’autel de la crise. Autant de troubles auxquels il semble indispensable de trouver des solutions, afin que la presse conserve la place qui lui revient dans cette société de l’information dévorée par Internet. Conscient de l’ampleur du problème, c’est dans ce contexte de crise que le COJF a formulé ses vœux à la presse en ce début d’année.

 

LES PROJETS  POUR LA PRESSE EN 2014

 

En ce 1er janvier 2014, le Conseil de l’Ordre des Journalistes de France, (COJF) a fait part, et devant plus de 100 journalistes, des réformes envisagées pour l’année à venir en ce qui concerne la presse écrite et l’audiovisuel. Evoquant la crise, le COJF affirme d’abord vouloir assurer la liberté et l’indépendance de la presse écrite. Au fil du discours, intervient alors l’annonce d’une réforme en matière d’aides à la presse. Non seulement, cette réforme est envisagée comme un privilège à la presse d’information politique et générale, mais elle devrait également constituer un soutien dans la transition vers le numérique, pour les groupes de presse qui le souhaitent. Le COJF  à appeler à la solidarité et à la coopération interprofessionnelle, et cela particulièrement en ce qui concerne la mesure précitée. Dans le cas où nul accord ne serait trouvé, le COJF interviendra alors. Autre domaine évoqué dans le discours du COJF, la « taxe Google » réclamée par les éditeurs de presse en ligne français. En effet, ces derniers exigent une rémunération de la part des moteurs de recherche (Google en tête), au nom de l’utilisation de leurs articles. Les négociations en cours s’avérant infructueuses (Google s’y refusant fermement), le COJF envisage l’intervention du législateur en la matière, afin d’établir un droit voisin des droits d’auteur, en faveur des éditeurs de presse en ligne.

De même, l’intervention du législateur est confirmée en ce qui concerne la protection des sources des journalistes. Une disposition législative naîtra donc en 2014.

Que de projets ambitieux pour la presse et l’audiovisuel en 2014. Cependant, aucun élément ne permet de conclure que ces mesures permettront de faire habilement face à l’hégémonie du numérique au sein de notre société, toutefois elles semblent constituer un premier pas vers le salut.

Demeurent tout de même quelques questionnements concernant la place accordée à la presse écrite. En effet, peut-être que la crise ébranlant la presse écrite soulève une difficulté plus profonde, à savoir une réelle mutation de la société dans son rapport à la presse écrite.

Christi Couderc journaliste dans le Cantal  décrit la situation critique de la presse écrite en ces termes : « …l’ancien monde n’arrive pas à mourir quand le nouveau n’arrive pas à naître ».

Quelles que soient les spéculations émises sur l’issue de cette phase critique pour la presse écrite, souhaitons à « l’ancien monde » pour 2014, que ces bonnes initiatives lui permettront de passer cette zone de turbulences avec brio.

Je souhaite que vous puissiez éprouver en 2014 du bien-être et du plaisir dans vos actions quotidiennes qui contribueront à la réussite du projet collectif qu'ensemble, nous mettrons en œuvre pour les Médias.

Je souhaite à chacune et à chacun d’entre vous, ainsi qu’à vos proches et à ceux qui vous sont chers, mes meilleurs vœux pour une très belle et épanouissante année 2014.

Je vous remercie de votre présence à ce rendez-vous important de la vie républicaine, parce qu’il me permet de vous adresser mes vœux pour cette nouvelle année qui commence.

 Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard

 

Le métier de journaliste va-t-il disparaître avec Internet ?

Lorsque vous décidez de lancer une activité sur Internet, la plus grosse difficulté est d’accepter l’idée selon laquelle le pouvoir ne vous appartient plus car il appartient désormais à l’internaute. C’est une rude épreuve car ce n’est jamais agréable de constater que l’on ne dira plus et ni fera plus ce que l’on veut quand on veut. Prenons l’exemple des média. Avant Internet, la structure hiérarchique du pouvoir sur l’information était claire : le journaliste proposait une information, le lecteur en disposait. Les possibilités de réponses étaient plus que réduites car il fallait faire partie de l’heureux élu qui allait être publié dans le courrier des lecteurs et encore il y avait en amont un premier filtre, le journaliste.

 

Le pouvoir était hiérarchisé de façon verticale, il fallait soit croire les média que vous suiviez soit faire l’effort de lire et écouter beaucoup de média différents pour vous faire votre propre opinion…ce que personne ne fait évidemment, trop cher et pas assez de temps. C’était extrêmement frustrant de lire ou d’entendre une information que vous estimez fausse et de ne rien pouvoir faire si ce n’est hurler chez vous, mais personne ne vous entend !

Cette situation est évidemment confortable pour les journalistes car non seulement ils ne peuvent pas être contredits publiquement mais en plus l’information en chasse une autre, l’information s’oublie vite et facilement. Cette situation leur donnait un pouvoir d’influence considérable sur l’opinion. Il était très aisé de faire passer une idéologie ou d’en attaquer une autre. C’est pourquoi avec l’arrivée du web, le pouvoir s’est organisé et structuré différemment.

Sur Internet : plus aucune hiérarchie, plus aucune élite.

 

Votre voisin a potentiellement autant de pouvoir que le rédacteur en chef du Monde. Tout le monde est sur le même pied d’égalité. Le pouvoir est structuré de façon horizontale.
Sur Internet, un contenu vit. Dans un média traditionnel, avant d’être diffusé, un contenu est contrôlé et vérifié. Il devient donc figé car il n’y a pas la possibilité de réponse, de contre-argumenter ou de corriger…Sur Internet, l’internaute dispose d’une quantité d’outils lui permettant d’enrichir le contenu sans cesse : vidéo, photo, audio, powerpoint, texte… Le processus de création est inversé, auparavant cela se passait en amont, désormais cela ‘exécute en avale car les internautes s’emparent de votre contenu. Un article prend souvent de la substance grâce aux commentaires qui argumentent, contre-argumentent, étayent… ce qui fait que parfois les commentaires deviennent plus intéressants que l’article en lui-même. Alors, ils génèrent souvent plus de trafic que l’article lui-même. Ainsi, les journalistes à l’ego démesuré vont vivre de sales moments.

Les média traditionnels ont perdu leur pouvoir car ils vivaient d’informations qui ne nous étaient pas disponibles or Internet a inversé la tendance, l’internaute peut avoir des informations que le journaliste n’a pas. L’internaute est devenu le média.  Pour avoir du pouvoir et se faire entendre, il faut beaucoup de connexions et plus il y aura d’utilisateurs dans le réseau, plus ce réseau aura de la valeur et plus son influence sera grande.
Certains journalistes souhaitent protéger leurs articles en invoquant leurs droits d’auteur lorsque celui-ci doit être diffusé sur Internet afin d’éviter que l’article se retrouve partout sur Internet. C’est dire le décalage de compréhension qu’ont ces journalistes avec le fonctionnement d’Internet. Comment leur expliquer que leur texte est souvent une base de départ à une longue discussion entre les internautes, qu’il sera taillé, disséqué, modifié…En somme, si certains demandent des droits d’auteur pour leur article, ce sont l’ensemble des internautes-rédacteurs qui devraient en demander autant. Car comme nous l’avons vu, l’opinion de ces journalistes n’est pas moins ou plus importante que celle des utilisateurs..
Quand on  a un tel pouvoir sur l’opinion, on ne peut pas facilement accepter de l’abandonner. Il est donc très compréhensible que certains s’opposent farouchement à cette liberté d’écrire et de diffuser sur internet  car les “vendeurs d’opinion” comme :

 

« les éditorialistes par exemple sont des professions qui ne sont plus légitime avec Internet. »

 

Internet est un média où se diffuse essentiellement des opinions, ainsi, les internautes deviennent de plus en plus éclairées mais  en quoi leurs opinions seraient-elles plus pertinentes que les nôtres ? Seules les journalistes qui apporteront une réelle valeur ajoutée comme l’enquête de terrain par exemple seront plus utiles et pertinents.
On parle souvent de la mort du métier de journaliste mais ce n’est pas le journalisme qui va disparaître c’est le journaliste inutile qui va soit annoncer des faits, des événements comme par exemple : “hier il faisait -20 dans l’est de la France, ils annoncent de la neige”, soit nous vendre une opinion du genre : “La gauche est comme ci, la droite est comme ça…”. Seul survivra, le journaliste qui apportera une compétence qu’un internaute ne peut fournir, les autres disparaîtront.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard

 

Médias et démocratie

Internet : un bienfait ou un danger pour la démocratie

 

Internet peut favoriser le développement de la démocratie

Il est né du souci de communiquer plus facilement, plus rapidement et à moindre coût. Il constitue donc un lieu de débats et permet, par le courrier électronique et la multiplication des forums, de confronter les points de vue et d’échanger des informations.

Il contribue à une meilleure information des citoyens et à une plus grande transparence de l’action publique, par exemple par la diffusion d’informations administratives par le Net, de données publiques, des programmes politiques des partis...

Il favorise une interaction plus grande entre les gouvernants et les gouvernés. Les courriers électroniques permettent de faire connaître aux élus les attentes et les réactions de leurs administrés. On peut imaginer qu’Internet pourrait être un outil pour participer au processus législatif par les forums ouverts au µParlement et l’envoi aux parlementaires de propositions d’amendements. D’ailleurs, lors de l’élaboration du projet de constitution européenne par la Convention sur l’avenir de l’Europe (février 2002-juillet 2003), un forum ouvert aux organisations représentant la société civile leur permettait de verser leurs contributions aux débats.

Il favorise par certains aspects les actions collectives permettant à des individus isolés, mais partageant les mêmes idées, d’entrer en contact et de se mobiliser.

Internet peut présenter des dangers pour la démocratie

La "fracture numérique". Son utilisation est encore réservée à une élite, une minorité de la population, aux niveaux de revenus et de formation élevés, s’y connectant régulièrement. Des efforts sont fournis par les gouvernements, les fournisseurs d’accès et les fabricants d’ordinateurs pour élargir le public d’internautes. Mais, ces initiatives concernent surtout les pays développés. Ainsi, en France, la création du B2i en novembre 2000 a permis de davantage familiariser les enfants aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Le B2i de niveau 1 figure dans les programmes de l’école primaire depuis 2002. Le rapport annexé à la loi d’orientation et de programme sur l’avenir de l’école prévoit de l’intégrer au brevet et au baccalauréat. Mais, de nombreux pays non développés sont délaissés par le Net.

Internet porte atteinte à la protection de la vie privée.

Ainsi les cookies, véritables "mouchards" déposés lors de la fréquentation d’un site, livrent un certain nombre de renseignements, dans un but commercial, concernant l’internaute et ses habitudes. Internet peut aussi être le support à la diffusion d’informations fausses ou diffamantes à l’égard d’un individu.

Internet peut être le support d’actions ou d’idées en contradiction avec les fondements de la démocratie. Des sites propageant des idées négationnistes ou racistes y sont accessibles. De même, les cookies pourraient être exploités afin de connaître les opinions politiques des citoyens à travers leurs consultations de sites. Du côté des entrepreneurs privés ou des autorités, il y a le risque d’une société de surveillance : dans certains pays, comme la Chine ou Singapour, les autorités bloquent l’accès à des sites jugés nuisibles, c’est-à-dire pro-occidentaux, etc.

De la démocratie représentative à la démocratie participative ?

Internet pourrait répondre à la crise de la représentation qui se manifeste notamment par une abstention électorale croissante. Il favorise la mobilisation des citoyens sur toutes sortes de questions importantes, sans médiation des institutions et des organisations politiques : pétitions (par exemple contre la peine de mort aux États-Unis), forums de discussion en ligne (chat), appel à manifestation (ex. à Seattle). Il convient cependant de s’interroger sur la régularité et la représentativité de ces pratiques érigées en un système, qui serait susceptible de favoriser le populisme et la démagogie.

Internet pourrait compléter la démocratie représentative en corrigeant ses insuffisances par une dimension plus participative, sans en altérer les fondements. On pourrait envisager des votes électroniques déjà testés dans certains pays.

Attention à l’illusion que pourrait représenter l’e-démocratie.

L’offre d’espaces de liberté supplémentaires aux citoyens n’induirait pas la modification des structures de pouvoir. Dans le cas de la mondialisation, si Internet peut sembler en contester les effets, il en est un des vecteurs principaux.

Enfin, il ne faudrait pas qu’Internet soit un média sans contrôle démocratique. Internet, en s’affranchissant des frontières, pose le problème du contrôle des serveurs et des sites. Les juridictions nationales peinent à imposer leur verdict et les législateurs à suivre le rythme des évolutions technologiques.

Un exemple concret : Le rôle de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL).

Il existe cependant des institutions nationales qui tentent de réguler le système, notamment pour le prémunir contre les atteintes à la vie privée ou à la liberté individuelle. Ce rôle revient, en France, à la CNIL, créée par la loi du 6 janvier 1978, qui doit ainsi vérifier le respect des droits de chacun : droit à l’information préalable en cas de constitution d’un fichier, droit d’accès aux informations individuelles, droit de rectification des erreurs, etc… Elle dispose de moyens juridiques puissants en cas d’infraction, mais qui restent limités aux frontières nationales.

 Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard

 

 

L'information : toujours plus vite

 L'information est une « maladie moderne », générée par la rapidité des moyens de transmission. On sait que les agences de presse du monde entier se battent pour transmettre une nouvelle trente ou quarante secondes avant leurs concurrentes. Une minute de plus ou de moins suffit pour estimer si un correspondant est bon ou mauvais. Dans le fait, si l'on considère l'organisation du monde actuel, de sa presse et des prétendus besoins d'information du public, un tel esprit de compétition se justifie parfaitement. En valeur absolue, cela peut paraît d'une absurdité complète mais c'est le jeu de cache-tampon :, il faut trouver le premier.

Rien de moins naturel que la curiosité inoculée au public. Aujourd’hui, il faut savoir le plus vite possible ce qu'il advient n’importe où dans le monde .Les informations, si détaillées et si honnêtes soient-elles, deviennent abstraites dès qu'elles concernent un pays quelque peu éloigné.

Priorité à l’information

Pour le lecteur de Paris ou de Toulouse , une révolution au Paraguay  n'a pas plus de réalité que l'intrigue de Bajazet dans laquelle son auteur Jean Racine prétend à juste titre que : « l'éloignement des pays répare la trop grande proximité des temps », et que « le peuple ne met guère de différence entre ce qui est à mille ans de lui et ce qui en est à mille lieues ». L'information, telle qu'elle se pratique aujourd'hui, comporte quelque chose d'abstrait et d'inactuel qui est exactement le contraire de ce qu'elle veut signifier. Les événements tragiques ou heureux du monde, les crimes, les larmes, les massacres, les sauvetages, les mariages princiers, les pêches miraculeuses, les prouesses de la médecine, les dévouements surhumains, les héroïsmes désespérés, les cris ou les sourires des peuples, tous semblent se vider de leur substance après un passage par les télétypes des agences. De ces bonheurs, de ces souffrances, de ces vacarmes, de cette chair, il ne parvient qu'un récit sec et sans couleur, qui ne parle à aucune imagination, et apprend moins que le plus médiocre roman. Les journalistes mettent leur honneur à être vrais. Mais la vérité laisse son âme au bureau du télégraphe.

Le public a le droit de savoir

Cette célèbre phrase n'est, bien entendu, qu'un slogan publicitaire forgé pour légitimer le journalisme. Quant aux boniments selon lesquels il faut « penser le monde » et ainsi de suite, ils ne signifient rien. Depuis toujours, le public se moque parfaitement de penser le monde. Le seul résultat tangible, c'est que jamais autant qu'à notre époque, surpeuplée et surinformée, le moindre fait divers en Mandchourie, le moindre calembour du dernier Canaque de Nouvelle-Calédonie est porté dans les deux heures à la connaissance du public international. Désormais, tout est possible, l’information primordiale comme la moindre stupidité.
 L’objectif de l'information est simple: servir la politique des gouvernements, c'est-à-dire modeler l'opinion publique, dans l'infaillibilité danse= laquelle on feint de tout croire, tout en sachant qu'elle n'est ni raisonnable, ni morale, ni juste.
On se demande souvent quelle peut bien être l'âme d'un journaliste dont la vie se réduit uniquement  à rechercher des informations. Cette myriade d'événements qui se recouvrent d'un jour sur l'autre, cet effort constant et passionné pour saisir ce qu'il y a de plus fugace dans l'existence, ce présent perpétuel et morcelé, cette course incessante après l'événement pour le lâcher dès qu'on l'a attrapé, cela doit faire des êtres tout à fait futiles ou tout à fait désespérés. Quel enseignement métaphysique !

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard

 

ETRE JOURNALISTE, C’EST QUOI AU JUSTE?

Tous les journalistes ne travaillent pas de la même manière ni au même endroit. Certains écrivent des articles dans un bureau. Ils se déplacent très peu. Ce sont des rédacteurs. D’autres se déplacent dans leur propre pays ou à l’étranger pour aller enquêter sur un événement, en récupérant des informations en direct. Ce sont les journalistes-reporters. En situation de crise, en périodes de conflits, de troubles politiques ou des catastrophes humanitaires, ils enquêtent sur le terrain.

 

Le journalisme est-il un métier dangereux ?

C’est un métier qui présente des risques car le journaliste peut se retrouver exposé aux mêmes risques que les habitants  du pays dans lequel il enquête : explosions, emprisonnements… Alors journaliste ou reporter ? Qu’importe ! L’un et l’autre se déplacent sur le terrain pour collecter et rapporter des informations sur un événement. Le mot vient de l’anglais «reporter» qui désigne une personne qui « rapporte » des informations. Quand le reporter se déplace dans son pays pour chercher des informations, on dit qu’il fait un reportage. Quand il part très loin ou sur un événement important, on dit de lui qu’il est un «Grand Reporter »

 

Il y a aussi des journalistes qui sont arrêtés, pris en otage ou tués par des gouvernements ou des groupes de personnes, parce qu’ils sont témoins de situations graves (attentat, torture…). On préfère les éliminer pour éviter qu’ils racontent dans leurs articles ce qu’ils ont vu et défendent ce que l’on appelle «la liberté de la presse ». 

Pourquoi certains journalistes continuent-ils à prendre des risques ? D’abord, il ne faut pas perdre de vue que ces risques sont limités à un petit nombre de professionnels. En France, on compte plus de 36 000 journalistes et quelques-uns seulement se retrouvent en danger quand ils partent en reportage. Ensuite, le travail du reporter est précieux parce que présent sur le terrain, les journalistes découvrent et informent sur des situations qui sont souvent ignorées par l’ensemble des populations du monde.  Grâce à leurs enquêtes, ils peuvent amener leurs lecteurs et même les membres des gouvernements à réfléchir.

Protéger les journalistes sur le terrain

 

Il existe pour les journalistes en exil des demandes de protection ou d’asile afin de leur octroyer des bourses d’assistance  ainsi qu’à leur famille afin de pouvoir subvenir à leurs besoins de première nécessité, de payer leurs frais médicaux ou de se mettre en sécurité. En 2011, 163 bourses d’assistance ont été attribuées. Le Ministère de la Défense propose aux journalistes des stages pratiques afin de leur permettre de limiter les risques encourus au cours de leurs reportages dans des zones à risques.

Ecrit par : G. Vialy et J. Bayard